Julie HENRY : « Une approche spinoziste des pratiques de soins au quotidien »

"Spinoza peut être considéré à plusieurs égards comme un philosophe des pratiques ordinaires de la vie : par son attention aux affects, aux représentations, aux habitudes pratiques et par les pistes qu’il nous donne pour les faire varier dans le temps, il nous offre des voies précieuses pour proposer une autre éthique en santé, une éthique des pratiques de soins au quotidien que seraient invités à co-construire les soignants eux-mêmes. C’est probablement la raison pour laquelle l’éthique anthropologique de Spinoza peut être si parlante pour penser les relations de soins : elle permet de montrer aux soignants ce sur quoi ils peuvent être d’un certain effet, à savoir être plus présents à ce qu’ils font parce qu’ils s’y sentent autorisés et parce qu’on leur donne les moyens de le travailler en amont, en dehors du temps de l’action aux effets immédiats. En retour, réinvestir la pensée spinoziste dans des situations particulières – et condensées – de vie (le côtoiement de la maladie, de la mort, des espoirs et des grandes désillusions en santé) permet d’y revenir autrement, d’y déceler des enseignements de vie qui excèdent ces situations particulières et qui sont encore si prégnants aujourd’hui." JH.

Julie HENRY est chercheur-assistante en éthique et philosophie au Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard (Lyon), directrice du programme « Anthropologie spinoziste et éthique en santé » au Collège international de Philosophie et responsable du master « Approche plurielle de la santé » à l’ENS de Lyon. Elle a publié en 2015 Spinoza, une anthropologie éthique - Variations affectives et historicité de l'existence (Paris : Classiques Garnier).

Attention : la séance aura lieu en Salle J003.